Deux chercheuses du 14e lauréates du prix L'Oréal-Unesco "Pour les Femmes et la Science"
Mise à jour le 26/10/2026
Habitantes du 14e, Fadma Lakhal et Irene Urso figurent parmi les 35 jeunes scientifiques lauréates du 20e prix l'Oréal-Unesco "Pour les Femmes et la Science". Sélectionnées parmi 820 candidates, elles contribuent aux avancées scientifiques de deux univers : les trous noirs et les mécanismes de réparation de l’ADN.
Questionner la relativité
Installée dans le 14e depuis trois ans, Irene Urso a suivi une partie de sa formation à l'Observatoire de Paris, près de Denfert-Rochereau. Elle y prépare actuellement sa thèse en astrophysique.
"Je développe des modèles théoriques et des simulations pour comprendre comment la trajectoire de la lumière est déformée près des trous noirs. Nous aurons bientôt des images plus détaillées, voire des films, qu'il faudra exploiter. L'objectif est de tester la théorie standard de la gravitation pour en repérer les éventuelles limites.
Doctorante en astrophysique
Irene a grandi à Prato, en Toscane. Après un baccalauréat littéraire franco-italien, elle rejoint la France pour y réaliser une licence de mathématiques à Lyon, puis un master d'astrophysique.
Elle souhaite aujourd'hui partager sa curiosité scientifique en imaginant un projet de télescope itinérant dans les écoles, pour faire découvrir l'astronomie aux lycéennes. "Etre surpris, c'est la première étape pour un parcours de ce type", souligne-t-elle. Son objectif : susciter des vocations et montrer que les carrières scientifiques sont accessibles à toutes.
Comprendre l'ADN
Également habitante du 14e, Fadma Lakhal mène sa thèse à l'Institut Curie. Elle étudie Rad51, une protéine essentielle à la réparation de l'ADN, c'est à dire à la correction des erreurs de notre matériel génétique.
J'utilise la microscopie de pointe pour observer ces mécanismes à une échelle invisible à l'œil nu. Rad51 participe à la formation de métastases et à la résistance à la chimiothérapie. Comme la structure d'une protéine est liée à sa fonction, mieux comprendre celle de Rad51 pourrait aider à en faire une cible pour de nouveaux traitements contre le cancer.
Doctorante en biologie Cellulaire
Fadma Lakhal a grandi à Antibes. Après une licence et un master à Nice, elle mène aujourd'hui une thèse à l'Institut Curie, à Paris, et plus précisément au Laboratoire Dynamique du noyau.
Son parcours est lié à son histoire personnelle. En deuxième année de thèse, un cancer osseux agressif l'oblige a interrompre ses travaux pendant huit mois. Elle revient ensuite au laboratoire, déterminée à poursuivre ses recherches.
Choisir une carrière scientifique
En terminale, Irene découvre la relativité comme théorie ayant bouleversé la conception du monde. Pas dans un cours de physique, mais dans un cours sur la littérature du XXe siècle dispensé par sa professeure d'anglais. Intriguée, elle veut comprendre pourquoi, au point d'y consacrer une grande partie de son temps depuis trois ans.
Pour Fadma, ce choix est un hommage aux générations de femmes qui l'ont précédé, et qui n'ont pas eu l'opportunité d'étudier : "très tôt, il est devenu essentiel pour moi de faire des études, pour saisir une opportunité qui leur avait été refusée. Mon intérêt pour la santé et le fonctionnement du vivant m'a conduite vers la biologie, et mes encadrants de stage, en soulignant mon goût et mes aptitudes pour la recherche, m'ont encouragée à poursuivre en thèse".
Dépasser les stéréotypes de genre
Les deux chercheuses ont été confrontées à la même difficulté : le manque de de légitimité d'évoluer dans des domaines encore très masculins. "Au début, j'ai traversé un syndrome de l'imposteur, avec le sentiment de devoir prouver ma valeur. Avec le temps et le soutien de mes pars, j'ai gagné en confiance. Cela m'a aussi rappelé que mon environnement ne reflète pas toujours la réalité du monde académique, et a renforcé mon attachement à des espaces de recherche inclusifs", raconte Fadma.
Si le prix "Pour les Femmes et la Science" est une reconnaissance de leurs travaux : "c'est aussi un moyen de développer des collaborations et de montrer aux jeunes filles qu'elles ont toute leur place dans la recherche", conclut Irène.
En effet, les données de l'UNESCO rappellent que les femmes ne représentent qu'un tiers des chercheurs dans le monde.
Prix L'Oréal-UNESCO "Pour les femmes et la science"
Créé en 2007
820 candidates
35 jeunes scientifiques sélectionnées
50 membres du jury issus de l'Académie des sciences
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